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BTSC 2003
Ce symposium international, organisé par la R&D de TDF, a eu
lieu les 21 et 22 octobre 2003 à Metz. Il avait pour thème
la convergence et la synergie possible en matière de radiocommunication
et de radiodiffusion.
Voici une synthèse de ces deux journées particulièrement
enrichissantes.
Les progrès de la technologie, notamment la numérisation
et la compression des contenus, l'augmentation constante des puissances
de traitement et des capacités des mémoires, la généralisation
du support du protocole IP sur tous types de réseaux, amènent
à diminuer les frontières entre les réseaux, et particulièrement
entre les réseaux de télécommunications mobiles et
les réseaux de radiodiffusion. Néanmoins, si les frontières
diminuent, il n'en reste pas moins que les réseaux existants ont
été conçu pour des usages distincts : communication
de masse pour les réseaux de diffusion, communications individuelles
pour les réseaux de télécommunications. Pour les
différents intervenants du Symposium, il n'est pas question de
remettre en cause ces usages mais bien de jouer sur la complémentarité
de ces caractéristiques et d'en tirer parti pour proposer de nouveaux
usages.
La problématique d'une voie descendante diffusée dans les
réseaux de télécommunications mobiles est abordée
dans le cadre des travaux de normalisation de la " Release 6 "
de la norme UMTS prises en charge par le groupe international 3GPP. Avec
un débit théorique de 2 Mbit/s au début des travaux
de normalisation, cette voie diffusée ouvrait des perspectives
de services plus qu'intéressantes. Mais au fur et à mesure
de l'avancée des travaux, les ambitions ont été réduites
à quelques 64 kbit/s voire 32 kbit/s, ce qui limite les possibilités
pour les services supportés et renforce les opérateurs de
télécommunications dans l'étude d'une collaboration
avec les opérateurs de réseaux de diffusion hertzienne.
Unidirectionnels et conçus pour une diffusion de masse, les réseaux
de diffusion se répartissent en trois grandes familles :
- Réseaux de diffusion hertziens (ou terrestres) : la numérisation
de ces réseaux a commencé dans quelques pays d'Europe
mais ne rencontre pas pour l'instant un réel succès. Disponibilité
des décodeurs, qualité faible, attractivité des
programmes et différenciation de l'offre avec la télévision
analogique font partie des raisons de ce démarrage difficile,
- Réseaux de télédistribution par câble (CATV),
- Réseaux de diffusion par satellite : les réseaux les
plus importants sont numériques ce qui a permis d'augmenter le
nombre des programmes mais aussi de faire émerger une offre de
services bidirectionnels en mode IP (accès Internet) proposée
aux entreprises.
Dans une perspective de collaboration, outre l'infrastructure réseaux,
les telcos apportent leurs connaissances des problèmes de gestion
de trafic, d'autorisation d'accès, de tarification, de facturation
ainsi que la gestion de la relation clients Grand Public. De leur côté,
les opérateurs de diffusion apportent leurs infrastructure mais
aussi leur connaissance des usages des consommateurs dans le domaine audiovisuel.
Mais finalement, pour quels services ?
Ces perspectives technologiques associées à une évolution
des usages de la communication électronique caractérisée
par une consommation grandissante de programmes audiovisuels conjointement
à la recherche de nouvelles sources de revenus par les opérateurs
de réseaux de télécommunications et de radiodiffusion,
conduisent à envisager le développement d'une nouvelle offre
de services. Il y a de nombreuses idées de services qui circulent
sur la route de la convergence, la principale question étant de
prévoir, dans un environnement changeant et riche de nombreuses
technologies plus ou moins concurrentes, les services qui seront adoptés
par les usagers et qui permettront de générer des revenus
pour les acteurs de la chaîne de la valeur. Plusieurs facteurs clés
de succès sont cités :
- La disponibilité résumée dans l'expression "
anytime, anywhere ",
- L'accessibilité ou encore la transparence technologique vis-à-vis
de l'usager. L'exemple du lancement de la 3G en Corée du sud
est particulièrement intéressant à ce titre puisque
toute la communication a été axée sur les services
sans jamais évoquer les technologies sous-jacentes,
- L'ergonomie,
- La qualité des services.
Concrètement, la création de services s'adresse à
deux grandes familles d'utilisateurs :
- Les utilisateurs à postes fixes mais pouvant être nomades
c'est à dire souhaitant retrouver leurs services et fonctionnalités
quelque soit le lieu et depuis un poste fixe ou transportable.
- Les utilisateurs en mouvement et disposant de terminaux portatifs
(donc autonomes et de faible encombrement). Ves utilisateurs souhaitent
pouvoir accéder à leurs services et fonctionnalités
quelque soit le lieu, l'heure et le moyen de déplacement (physique,
transport privé, transport public,
).
Parmi les idées de services évoquées, on peut citer
les services liés à la voiture (navigation, info trafic,
sécurité,
) avec le constat que l'environnement de
l'automobile était propice à la convergence des réseaux
de part des contraintes plus relâchées sur les terminaux
et notamment sur leur consommation et leur niveau d'intégration.
Le marché semble enfin décoller même si les services
incluant la réception de la télévision et a fortiori
de services Internet dans la voiture sont encore des services développés
dans un but de communication et de valorisation de l'image des constructeurs
automobiles. D'autres services comme la vidéo vers les mobiles
sont particulièrement prometteurs. Des récepteurs GPRS vont
inclure une réception DVB-H pour des expérimentations en
2004, notamment en Finlande. Dans le contexte du fixe au domicile, citons
les services TV sur ADSL qui démarrent en Europe, notamment à
Monaco et en Italie avec des extensions prévus sur l'UMTS : présentation
des bandes annonces,
et des études sur un couplage de ces
services avec la technologie WiFi pour la diffusion dans le domicile.
Enfin, pour clore ce paragraphe sur les services, il est rappelé
que ce n'est pas au réglementeur de définir les services
mais à l'ensemble des acteurs (opérateurs, diffuseurs, producteurs,
) de donner les orientations pour les 10-20 années à
venir afin de définir une stratégie.
Compte-tenu d'une part des incertitudes quant à l'acceptation des
ces services par les utilisateurs et d'autre part des contraintes techniques
inhérentes à chaque réseau, la recherche de complémentarité
entre les différents réseaux est une des voies en cours
d'investigation. L'objectif est de partager les risques et les investissements
dans un premier temps avec des perspectives de partage des revenus par
la suite. Dans le domaine de la convergence comme dans d'autres domaines,
la route est droite mais la pente est raide. Une des conditions de la
complémentarité est évidemment la numérisation
de tous les réseaux qui est déjà en cours. Au-delà
de cela, il reste d'autres conditions nécessaires et des travaux
à mener.
Sur le plan technique, les solutions existent ou sont en cours de développement.
Citons, parmi d'autres, la normalisation en cours de DVB-H, un système
de diffusion adapté à des récepteurs portables et
offrant une faible consommation. Dans le domaine des terminaux, les industriels
rivalisent pour sortir des terminaux bi-mode téléphonie
/ réception de la télévision analogique et demain
de la télévision numérique. Certes, des travaux sont
encore nécessaire pour résoudre la difficile équation
de la consommation générée par les écrans
de plus en plus grand et en couleurs, les processeurs de plus en plus
puissants pour permettre de jouer les services, et la mémoire qui
sera sûrement un des points clés de la réussite de
ces services. Concernant l'architecture des réseaux de radiodiffusion,
deux approches sont étudiées : une approche conventionnelle
qui consiste à densifier le réseau fixe par des répéteurs
et une approche cellulaire où l'on augmente le nombre d'émetteurs
ce qui induit des coûts de déploiement supérieurs
mais ce qui est peut-être la réponse à une pénurie
de fréquences. Enfin, il faut que les plates-formes soient interopérables
indépendamment de l'opérateur choisi et du type de terminal.
Sur un plan plus commercial, les relations entre les différents
acteurs de la chaîne de la valeur restent à définir.
Qui commercialise ? Verra-t-on l'arrivée de nouveaux entrants ?
Comment s'effectuera le partage des revenus ? Des pistes existent, des
services existants sont analysés mais il n'y a pas aujourd'hui
de consensus sur les relations dans la chaîne de la valeur. Compte
tenu des incertitudes, il faudrait recourir dans un premier temps à
la méthode des scénarios. Par ailleurs, il reste à
intéresser l'ensemble des acteurs à ce sujet : producteurs
de contenus, agrégateurs,
Enfin, les approches précédentes ne sont possibles que dans
un cadre réglementaire et normatif adapté. Ce cadre réglementaire
doit permettre à la fois la création de telles offres ;
d'éviter les distorsions de concurrence ce qui pose notamment la
question de l'harmonisation ou non des taxes et redevances pour les opérateurs
de télécommunications et de télédiffusion
; de protéger les utilisateurs dans leur vie privée ; de
préserver les intérêts Européens et nationaux
; de sanctionner les abus. Le cadre normatif doit permettre l'interopérabilité
des équipements et une compatibilité ascendante des terminaux
quelle que soit leur origine.
Conclusion
La numérisation des réseaux de télécommunications
et de diffusion abaissent effectivement les barrières entre les
mondes des télécommunications, des médias et de l'informatique
et ouvrent des perspectives importantes de développement pour les
différents acteurs. Mais, il reste encore des travaux à
effectuer et notamment des expérimentations pour valider les solutions
techniques que ce soit en matière d'architecture de réseaux
ou de choix technologiques (DVB-H, terminaux,
) mais aussi pour
tester le marché et essayer de répondre à la délicate
question des attentes des utilisateurs. Car, il ne faut pas l'oublier,
l'utilisateur doit être au centre des préoccupations : "
user is the king ". Enfin, il est indispensable de coordonner des
actions de lobbying auprès des instances réglementaires
nationales et Européennes afin de définir une stratégie
d'évolution à long terme des médias de demain.
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